La Vénus à la fourrure

Synopsis :

Seul dans un théâtre parisien après une journée passée à auditionner des comédiennes pour la pièce qu’il s’apprête à mettre en scène, Thomas (Mathieu Amalric) se lamente au téléphone sur la piètre performance des candidates. Pas une n’a l’envergure requise pour tenir le rôle principal et il se prépare à partir lorsque Vanda (Emmanuelle Seigner) surgit, véritable tourbillon d’énergie aussi débridée que délurée. Vanda incarne tout ce que Thomas déteste. Elle est vulgaire, écervelée, et ne reculerait devant rien pour obtenir le rôle. Mais un peu contraint et forcé, Thomas la laisse tenter sa chance et c’est avec stupéfaction qu’il voit Vanda se métamorphoser. Non seulement elle s’est procuré des accessoires et des costumes, mais elle comprend parfaitement le personnage (dont elle porte par ailleurs le prénom) et connaît toutes les répliques par cœur. Alors que l’« audition » se prolonge et redouble d’intensité, l’attraction de Thomas se mue en obsession…

Emmanuelle Seigner & Mathieu Amalric

Le saviez-vous ? :

  • A l’origine, c’est un roman écrit en 1870 par l’auteur autrichien Leopold von Sacher-Masoch.
  • Ce film marque la quatrième collaboration entre le cinéaste Roman Polanski et sa femme Emmanuelle Seigner.
  • Le film a été présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2013.

Ma critique :

1h30 dans une salle de théâtre avec seulement deux personnages : voilà le huit-clos dont on ne pouvait qu’appréhender l’ennui et c’est loin d’être le cas.. La mise en scène est tout simplement brillante et c’est d’une précision rare et ne laisse jamais le théâtre prendre le pas sur le cinéma ! Quand au scénario, je le trouve très intelligent puisqu’il mène sans cesse  les personnages d’une situation à une autre, d’un rapport de force à un autre et je dois dire que c’est vraiment jubilatoire d’assister à cela car lorsqu’on commence à croire que l’un a pris le dessus, la situation se renverse. Il faut vraiment voir comment se nouent les relations entre les 2 protagonistes mais on retient surtout qu’elle est ambiguë. Les mots frappent fort et sont souvent jubilatoires, en dépit d’une certaine cruauté et de la perversité du texte. Entre domination ou soumission, on se pose tous cette même question : « Qui mène la danse ? ».

Mathieu Amalric & Emmanuelle Seigner

 Mathieu Amalric joue lui un clone de Polanski qui se moque de lui-même et sa ressemblance avec le cinéaste est absolument frappante ! Emmanuelle Seigner est vraiment excellente en actrice écervée et vulgaire et leurs joutes verbales entre les deux sont un pur délice.

On participe ainsi à une brillante réflexion sur le métier d’auteur et la place du comédien tout en n’oubliant pas l’humour qui est constamment présent du début à la fin. On se perd presque sur les rôles joués, sur ce qui relève de la pièce et de la réalité ou sur les rapports de soumission et de domination. Le film juxtapose tous ses niveaux de lecture, ils se complètent les uns les autres, et les questions restent ouvertes ! Polanski prend plaisir à jouer avec l’ambiguïté des propos et des comportements des personnages. Il instille progressivement une sensation de malaise qui ne nous quitte pas.

Pour conclure, « La Vénus à la fourrure » est un huit-clos brillant par son face à face fascinant et intelligent grâce à sa mise en scène et son duo d’acteurs. Jubilatoire !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 17/20

Bande-annonce :

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