Les Huit salopards

Synopsis :

Quelques années après la Guerre de Sécession, le chasseur de primes John Ruth (Kurt Russell), dit Le Bourreau, fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh) se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren (Samuel L.Jackson), un ancien soldat lui aussi devenu chasseur de primes, et Chris Mannix (Walton Goggins), le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où ils sont accueillis par quatre personnages énigmatiques : le confédéré (Bruce Dern), le mexicain (Demian Bichir), le cowboy (Michael Madsen) et le court-sur-pattes (Tim Roth). Alors que la tempête s’abat au-dessus du massif, l’auberge va abriter une série de tromperies et de trahisons. L’un de ces huit salopards n’est pas celui qu’il prétend être ; il y a fort à parier que tout le monde ne sortira pas vivant de l’auberge de Minnie…

Tim Roth, Kurt Russell & Jennifer Jason Leigh

Le saviez-vous ? :

  • En janvier 2014, le réalisateur Quentin Tarantino avait déclaré au site « Deadline » qu’il renonçait à réaliser le film car son scénario avait fuité sur internet.
  • Tarantino retrouve la plupart de ses comédiens fétiches à savoir Samuel L.Jackson, Tim Roth ou encore Michael Madsen.
  • Le film a été tourné en Ultra Panavision 70mm, un format utilisé pour rendre compte de l’intimité des intérieurs.

Ma critique :

2016 a commencé sur les chapeaux de roues avec ce nouveau chef-d’oeuvre du maestro Tarantino ! Pour son huitième film, il retourne au western mais au lieu d’en signer une version cool type western spaghetti, il signe une oeuvre plus proche des westerns américains et offre un film absolument magistral, conjuguant dans son scénario son amour de la littérature, du théâtre et du cinéma pour y interroger chaque genre et porter une réflexion sur son propre cinéma mais aussi sur l’Amérique moderne et la place des individus dans la société. Il reprend la structure de son Reservoir Dog et quelques passages qui ont fait la renommer de ses œuvres pour construire un huit clos théâtrale de 3h. Le film est divisé en chapitres, reprenant son procédé fétiche de la littérature pour créer un tout imprévisible et surprenant. On ne peut absolument rien prédire grâce à une gestion impeccable du suspense, on regarde les personnages se parler sans savoir qui va trahir qui, et comment tous ça va aboutir. Le film parvient à créer de vraies surprises de cinéma et le plaisir de la découverte et de se faire balader par le cinéaste est formidable.

Samuel L.Jackson & Walton Goggins

Le casting est absolument fabuleux car il n’en faut pas moins pour rendre 3h de dialogues un moment inoubliable, car même si les dialogues son prodigieux, ils faut de sacrés bons acteurs pour les faire vivre. Et ici on est gâté. Même si l’interprétation de Tim Roth tend un peu trop à être une imitation de Christoph Waltz et que Michael Madsen est plus là pour sa stature et sa présence inquiétante que pour son talent et aussi que le casting secondaire est un peu discret. Mais c’est sans compter sur un quatuor principal absolument bluffant : l’excellent Samuel L.Jackson n’est jamais aussi bon que quand il est avec Tarantino, il offre une prestation entre gravité et humour décalé grâce à son débit de parole unique et ses expression. L’interprétation de Kurt Russell m’a beaucoup fait penser à John Wayne et il est vraiment brillant dans ce film ! Quand à la brillante Jennifer Jason Leigh, elle signe un retour très remarqué en interprétant la déjantée Daisy ! La révélation du film n’est autre que Walton Goggins, offrant au film une interprétation remarquable, habitée et brillante !

Pour ce qui est de la réalisation, là aussi c’est du grand art, filmant l’ensemble en 70 mm au format 2,76:1 permettant d’enfermer ses personnages dans le cadre, dans une vision proche du regard humain, on peut voir les personnages se tourner autour sans possibilité de fuite. L’ensemble se montre donc immersif est bien pensé, accompagné d’une photographie absolument sublime, d’une montage incisif qui soigne les effets de surprises et d’une formidable bande-originale d’Ennio Morricone. Du début à la fin tout est parfait, totalement abouti, réfléchi et mis en scène. Le rythme est génial, savant mélange de longueurs calculées et d’explosions de violence jubilatoires.

Pour conclure, « Les Huit salopards » est un western atypique, qui nous surprend du début à la fin grâce à la richesse de sa mise en scène, de ses personnages et ses dialogues brillamment écrits. Un véritable chef-d’oeuvre !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 20/20

Bande-annonce :

Un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s