Portrait de la jeune fille en feu

Synopsis :

1770. Marianne (Noémie Merlant) est peintre et doit réaliser le portrait de mariage d’Héloïse (Adèle Haenel), une jeune femme qui vient de quitter le couvent. Héloïse résiste à son destin d’épouse en refusant de poser. Marianne va devoir la peindre en secret. Introduite auprès d’elle en tant que dame de compagnie, elle la regarde.

Adèle Haenel & Noémie Merlant

Le saviez-vous ? :

  • Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2019. Il s’agit de la première sélection en compétition officielle de la réalisatrice Céline Sciamma. La cinéaste avait présenté son premier long métrage, « Naissance des pieuvres », à Un Certain Regard, et son 3ème film, Bande de filles, avait fait l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs en 2014.
  • Il a remporté le Prix du Scénario au dernier Festival de Cannes.
  • Le rôle d’Héloïse a été écrit uniquement pour Adèle Haenel, qui avait déjà collaboré avec la cinéaste sur le premier long-métrage.

Ma critique :

Sélectionné à Cannes, il a raté de justesse la Palme, se voyant, on ne comprend guère pourquoi, attribuer un Prix du scénario qui sonne comme un lot de consolation et honnêtement quel chef-d’oeuvre !! Je trouve que le film réussit réussit avec une infinie délicatesse à filmer simultanément les deux temps d’une histoire d’amour : l’excitation d’une passion naissante et la mélancolie d’une passion passée. Ces deux temps sont scandés par deux interludes musicaux déchirants ! Il y a beaucoup d’émotion et de sensibilité à voir évoluer la relation de Marianne et d’Héloïse, le passage de la froideur à la complicité puis la naissance d’un sentiment amoureux…C’est un film à la mise en scène complètement éblouissante !

Adèle Haenel & Noémie Merlant

Sans être militant, le film est effectivement féministe avec son quatuor d’actrices qui laisse les hommes hors champ. Adèle Haenel est magnifique mais la révélation est sans conteste Noémie Merlant, absolument renversante. La complicité de ce duo nous offre des moments bouleversants d’où l’ironie et l’humour ne sont d’ailleurs pas absents, à travers des dialogues joliment troussés et j’aurais rêvé que les deux comédiennes remportent le Prix d’interprétation féminine ex-aequo (on aurait aussi primé la réalisatrice pour sa direction d’acteurs) tandis que la jeune Luàna Bajrami est absolument remarquable en servante.

La réalisation est magnifique, avec une qualité photographique mais également sonore extraordinaire. Les paysages sont magnifiques tandis que la lumière est très bien employée, pas d’autres éclairages que la bougie ou la cheminée lors des moments tournés le soir ou de nuit, et cela fait beaucoup. Plusieurs scènes touchent au plus haut point, par leur esthétisme et leur souffle passionnel : celle de la fête, de l’avortement et, plus tard, dans un musée. Mais au-delà de l’intimité de ses deux personnages principaux, le film parle avec une grande acuité et justesse de la création artistique et de la place (confinée) de la femme dans la société. Le film est empreint de mélancolie, voir de pessimisme, qui renvoie irrémédiablement à la tristesse de savoir que la plupart des peintres femmes sont tombées dans l’anonymat, oubliée de la postérité.

Pour conclure, « Portrait de la jeune fille en feu » est un film absolument magnifique et vibrant sur le regard et la naissance du désir et qui est d’une rare modernité, emmené par un duo d’actrices exceptionnelles.

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 20/20

Bande-annonce :

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