Roubaix, une lumière

Synopsis :

À Roubaix, un soir de Noël, Daoud (Roschdy Zem) le chef de la police locale et Louis (Antoine Reinartz), fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Les voisines de la victime, deux jeunes femmes, Claude (Léa Seydoux) et Marie (Sara Forestier), sont arrêtées. Elles sont toxicomanes, alcooliques, amantes…

Léa Seydoux & Roschdy Zem

Le saviez-vous ? :

  • Le film est adapté d’un fait divers qui s’est produit à Roubaix en 2002, dans lequel un couple de jeunes filles toxicomanes ont tué une personne âgée. 
  • Il a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2019. Il faut savoir que le cinéaste Arnaud Desplechin est un grand habitué de la Croisette puisque la plupart de ses films y ont été présentés.

Ma critique :

Plus qu’un polar, ce film est aussi un constat social alarmant de combien des villes deviennent des zones sinistrées et qu’il est urgent qu’une politique de la ville soit engagée au service de ceux qui n’ont rien d’autre que le désespoir d’un quotidien sans avenir. Aucun des films à Desplechin n’a jamais été aussi proche du réel, aussi noir, aussi oppressant. D’entrée, une ambiance lourde et glauque s’impose. Son scénario, inspiré lui-même d’un documentaire traitant du sordide assassinat d’une vieille femme à Roubaix en 2002 , nous tient en haleine en permanence. Il porte un regard plutôt bienveillant sur les personnages, nous les rendant facilement attachants, qu’ils soient policiers ou suspects, tout en nous laissant, une fois de plus, perplexe sur la noirceur de l’âme humaine. 

Sara Forestier

La direction d’acteur est au diapason. Roschdy Zem trouve là un de ses meilleurs rôles, Léa Seydoux et Sara Forestier (cette dernière trouve également son plus beau rôle) sont assez bluffantes toutes les deux, et Antoine Reinartz très convaincant en jeune flic récemment muté. 

Chaque détail est précis et donne beaucoup de réalisme à la ville comme aux procédures policières. J’ai admiré la façon dont les reconstitutions et les interrogatoires ont été filmés : théâtralisés, menés en choeur, et pourtant très vraisemblables et crédibles. Desplechin filme l’état présent d’une ville malade hantée par la noirceur de ses événements. Malgré l’émotion qui se dégage des personnages, il réussit à tenir une distance nécessaire pour crédibiliser le réalisme de son récit. Captivant, le film, sans jamais céder au voyeurisme, n’occulte rien ni de la misère sociale ni de ses terribles conséquences.

Pour conclure, « Roubaix, une lumière » est une grande oeuvre aussi noire qu’humaniste, montrant la misère sociale humaine, porté par un grand casting.

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 17/20

Bande-annonce :

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