La Douleur

Synopsis :

Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite (Mélanie Thierry), écrivain et résistante, est tiraillée par l’angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis (Benjamin Biolay). Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier (Benoît Magimel), et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

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Mélanie Thierry

Le saviez-vous ? :

  • Adapter un roman de Marguerite Duras représente un défi extrêmement fou et périlleux au cinéma puisque l’équipe du cinéma sait qu’il ne faut pas décevoir son public..
  • Le réalisateur Emmanuel Finkiel a adapté ce roman demi-autobiographique avec beaucoup d’audace et c’est un des plus beaux films français de 2018.

Ma critique :

Les premières minutes me laissaient présager le pire et contre toute attente, sans que l’on s’en aperçoive vraiment, on est pris par le récit, par l’ambiance si particulière, par cette histoire passionnelle et personnelle pris dans la tourmente de la grande Histoire. Le récit est unique, tout en rendant hommage au livre adapté, le texte off est si intense, saisissant. L’image, et la bande son participent activement à ce sentiment d’assister à un chef d’oeuvre, des plans à couper le souffle de Paris sous occupation puis libéré. Finkiel retranscrit à l’écran l’écriture durassienne sans fétichiser le texte. Les scènes dialoguées et celles uniquement en voix off s’articulent à la perfection, elles créent un décalage qui suscite un malaise bienvenu, qui souligne l’ambivalence des personnages !

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Benoît Magimel & Mélanie Thierry

Et que dire de l’interprétation ! Mélanie Thierry trouve là son meilleur rôle. Elle est formidable, aussi attachante qu’émouvante en Marguerite Duras et a toutes ses chances de remporter le César de la meilleure actrice. A ses côtés, Benjamin Biolay est de plus en plus à l’aise dans ce milieu et Benoît Magimel assurent égalemen. Même le sur-estimé Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle de François Mitterand s’en sort bien.

Le film fascine alors par la grâce des mots et la poigne qu’ils expriment. Car tout l’enjeu du film est là. « La Douleur » doit montrer des émotions et non de véritables faits. De plus, le réalisateur  rend formidablement compte de ce temps suspendu où les pensées, les peurs se bousculent où Duras attend son mari mais en aime un autre et sa douleur semble incomprise ! Elle est sans cesse en suspension entre la vie et la mort.

Pour conclure, « La Douleur » est un immense film de cinéma à la fois puissant et singulier, épaulé par Mélanie Thierry qui livre son meilleur rôle de tous les temps. Magnifique !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 19/20

Bande-annonce :

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