Une Affaire de famille

Au retour d’une nouvelle expédition de vol à l’étalage, Osamu et son fils recueillent dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant pour la nuit, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu‘elle comprend que ses parents la maltraitent. En dépit de leur pauvreté, survivant de petites rapines qui complètent leurs maigres salaires, les membres de cette famille semblent vivre heureux – jusqu’à ce qu’un incident révèle brutalement leurs plus terribles secrets…

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Pour sa septième participation au festival de Cannes, la cinquième en compétition officielle, le japonais Hirokazu Kore-Eda a enfin décroché la Palme D’or, remis par la Présidente du Jury, Cate Blanchett, au grand bonheur des cinéphiles et de la presse puisque ce film était très bien accueilli par les critiques et les Festivaliers. Pour ma part, même si j’aime énormément ce film, ce n’est pas à celui-ci que j’aurais décerné la Palme d’Or, mais à un autre film, qui est « Burning ».

La plupart des films du cinéaste japonais Kore-Eda sont des affaires de familles sur lesquels il porte un regard bien propre à lui, faits de réalisme ou de douceur. De plus, on retrouve toujours ces thèmes qui sont chers à lui : le chômage, la précarité, la famille, le problème du logement et la violence ; qui forment une critique de la société qu’il dessine. Au fur et à mesure que le scénario se dévoile sous nos yeux, chaque personnage se construit, se détruit, s’invente complètement et nous emmène dans son propre voyage. L’une des plus grosses réussites de cette histoire réside dans cette facilité d’écriture, rien dans cette histoire n’imprègne le tout de suspens et pourtant on suit avec intérêt le quotidien de cette famille.

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Il faut dire que, comme à son habitude, le réalisateur japonais s’est entouré d’un casting exceptionnel. Les grands noms que l’on retrouve habituellement au générique de ses longs-métrages sont de retour et tous sont transcendants. Chacun de ses acteurs et actrices, jeunes ou pas, savent faire vivre leurs personnages avec grand talent et nous accompagnent tout au long du film. Les rares seconds rôles que l’on peut apercevoir sont aussi très bons.

Chaque nouvelle scène donne un éclairage nouveau sur l’un des personnages. Le film avance ainsi d’une manière millimétrique, suscitant à la fois l’émerveillement et la réflexion. La narration se complexifie au fur et à mesure de ce déroulement de dialogues et de la description d’un mode de vie, complètement original, dans une banlieue japonaise. Le spectateur découvre avec stupeur combien la question de la protection de l’enfance est peu ou pas adaptée aux enjeux qu’elle comporte. Dans la dernière demi-heure, l’intérêt du film est relancé et l’émotion s’invite, sans excès toutefois, comme au temps des meilleures réussites du réalisateur.

Pour conclure, « Une Affaire de famille » est un magnifique film de sensibilité et d’écriture, traitant beaucoup de sujets avec intelligence. Un grand moment de cinéma et une très belle Palme d’Or méritée !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 19/20

Bande-annonce :

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