Amanda

Paris, de nos jours. David (Vincent Lacoste), 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée (Ophélia Kolb) meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda (Isaure Multrier).

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Le désir pour le réalisateur Mikhaël Hers de saisir quelque chose de la violence de notre époque est notamment né des attentats de 2015. Il suffit parfois d’un contretemps infime pour que son destin bascule de façon irrémédiable. C’est sans doute ce qui est arrivé à des centaines de parisiens au moment des terribles attentats de 2015 qui ont échappé de justesse à l’horreur, là où leurs proches n’ont pas pu échapper à la mort.

Plus qu’un film sur la petite fille survivante, « Amanda » est un film qui raconte le deuil après l’impensable. La reconstruction identitaire de ce jeune homme, acculé à prendre la tutelle de sa nièce, et d’Amanda qui résiste comme elle peut à la tyrannie de la tristesse, est racontée sans jamais tomber dans l’excès de pathos. Bien sûr, le spectateur pleure mais ce sont des larmes qui structurent la pensée. Le scénario tout entier, à la limite de la mièvrerie parfois, entraîne son spectateur dans un tourbillon d’émotions qui vont des rires aux sanglots. De plus, ce qui est remarquable dans ce film est que le cinéaste évite de montrer de nombreuses scènes clés (les démarches administratives ou médico-légales) pour se concentrer sur le récit de l’intime et des sentiments et il parvient à recentrer son propos sur une dramaturgie suffisamment explicite pour être émouvante.

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 Vincent Lacoste, tout en sobriété et en justesse, confirme avec ce rôle particulièrement difficile toute l’étendue de son talent et s’affirme également comme l’un des tout meilleurs acteurs de sa génération dans le registre dramatique et une chose est sûre : 2018 est son année puisqu’il est à l’affiche de 3 films marquants et on le retrouvera l’année prochaine aux Césars.  La petite Isaure Multrier est tellement merveilleuse de naturel qu’elle est la révélation féminine de cette année tandis que Stacy Martin a un très beau rôle de jeune femme et sa performance est excellente !

La tragique histoire familiale intime se trouve confrontée à la grande histoire du terrorisme traitée avec beaucoup de réserve et de finesse. Hers sait parfaitement filmer les lieux, en l’occurrence Paris, qu’il n’appréhende pas comme une énième carte postale mais davantage comme une ville vivante, habitée, imprégnée, qui vibre et respire. Il parvient également à saisir une vérité de notre époque contemporaine grâce à un traitement profondément humain. Face à l’horreur qui détruit tout, il ne reste aux survivants pas d’autre choix que de retisser entre eux les liens qui forment la société.

Pour conclure, « Amanda » est un drame bouleversant sans jamais tomber dans le pathos complaisant, dont le réalisateur parvient à capter la violence de notre époque en empruntant le chemin du récit intimiste avec beaucoup d’intelligence. Préparez vos mouchoirs !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 18/20

Bande-annonce :

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