The House That Jack Built

États-Unis, années 70. Nous suivons le très brillant Jack (Matt Dillon) à travers cinq incidents et découvrons les meurtres qui vont marquer son parcours de tueur en série. L’histoire est vécue du point de vue de Jack. Il considère chaque meurtre comme une œuvre d’art en soi. Alors que l’ultime et inévitable intervention de la police ne cesse de se rapprocher (ce qui exaspère Jack et lui met la pression) il décide – contrairement à toute logique – de prendre de plus en plus de risques. Tout au long du film, nous découvrons les descriptions de Jack sur sa situation personnelle, ses problèmes et ses pensées à travers sa conversation avec un inconnu, Verge (Bruno Ganz). Un mélange grotesque de sophismes, d’apitoiement presque enfantin sur soi et d’explications détaillées sur les manœuvres dangereuses et difficiles de Jack.

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Sept ans après « Melancholia », le réalisateur danois Lars Von Trier est de retour sur la Croisette où ses propos durant la conférence de presse avaient fait scandale. Affirmant qu’il « comprenait Hitler ». Cette année, il a fait un retour à la fois discret et remarqué à Cannes où son nouveau film « The House That Jack Built » a créé une problématique lors des scènes de meurtres qui ont tellement choqué les Festivaliers qu’ils ont été une centaine à quitter la salle avant la fin.

Un film de Lars Van Trier est toujours un évènement que l’on attend avec impatience et appréhension. Bien évidemment, la patte du réalisateur est reconnaissable immédiatement avec ces alternances d’images d’animation ou documentaire, la prégnance de la musique, et surtout la cruauté quasi mystique de l’anti-héros. Le film démarre comme « Nymphomaniac » sur une confidence entre Jack et un autre protagoniste, auquel le psychopathe névrotique raconte ses forfaits abominables dans un lieu humide que l’on découvre à la fin. Le propos fait hommage à toute l’œuvre du cinéaste qui truffe son récit de références explicites à ses films. Pour autant, la mise en scène verse dans une sorte de thriller horrifique où l’on pense à « Saw ». L’humour noir accompagne ce récit dense mais jamais trop long où les discours habitent des scènes crues et insoutenables pour certains spectateurs.

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Les femmes dans ce film sont toutes des idiotes qui se font manipulées très facilement par le personnage principal. Uma Thurman a une scène très drôle, son personnage est tellement détestable qu’on est même content de son sort tandis que Riley Keough offre une performance assez convaincante en la quatrième victime qui va connaître une soirée très mouvementée… Bruno Ganz est vraiment excellent dont on ne verra que son visage lors des 20 dernières minutes mais sa voix-off nous captive tout au long du récit. Et enfin, comment ne pas évoquer la magistrale performance de Matt Dillon ? Tout au long du film, il nous offre une prestation qui nous glace le sang, tant il est à la fois très inquiétant et amusant durant 2h35.

Sous les traits de son personnage, le cinéaste fait d’ailleurs bons nombres de références à l’architecture, à la peinture ou à ses propres films. Mais entre toutes ces beautés, je trouve que l’art de filmer du cinéaste nous rapproche au cœur du malaise que vivent les victimes. La voix-off, dont nous connaîtrons le visage dans l’épilogue, interroge alors sur les doutes que les spectateurs peuvent ressentir entre l’émerveillement et la culpabilité. L’humour noir, très présent,  accentue ce défi moral dans notre conscience.

Pour conclure, « The House That Jack Built » est un film très intriguant et violent avec un humour très noir, mais qui décrit fabuleusement les mécanismes de fonctionnement d’un psychopathe via un Matt Dillon effrayant.

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 17/20

Bande-annonce :

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