Le Client

Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad (Shahab Hosseini) et Rana (Taraneh Allidousti) emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple.

 

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Asghar Farhadi est un réalisateur très respecté des cinéphiles même si son cinéma peut déranger son pays.. Après un petit détour par la France avec Le Passé, il revient à ses racines avec ce film qui est un superbe apologue sur la nécessité vitale d’une plus grande liberté pour le peuple iranien, et d’abord pour les femmes…

Comme dans la plupart des films iraniens, « Le Client » présente plusieurs niveaux de lecture. Bien entendu, c’est un film sur la vengeance, qui montre jusqu’à quels excès un homme peut aller lorsque son orgueil de mâle prend le pas sur l’évaluation raisonnable d’une situation, un film totalement universel dont l’histoire pourrait se dérouler tout aussi bien à Paris qu’à Téhéran. Un autre niveau de lecture amène le spectateur au cœur de l’Iran contemporain, un pays partagé entre modernisme et obscurantisme, un pays en pleine mutation avec une capitale, Téhéran, qui se transforme à grande allure, sans qu’on sache très bien à quoi ressemblera le bout du voyage. Je trouve que ce film est sûrement son oeuvre  la plus aboutie, la plus maitrisée tant au niveau de l’écriture que de la mise en scène. Le Prix du Scénario à Cannes est amplement mérité puisque je trouve le scénario vraiment éblouissant, surtout lors de la deuxième partie.

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Shahab Hosseini et Taraneh Alidoosti, déjà vus dans la filmographie de Farhadi, sont au centre du film du début à la fin, et sont vraiment éblouissants de bout en bout. L’acteur a remporté le Prix d’interprétation Masculine est assez justifié.

L’histoire nous raconte le point de vue d’un homme suite à l’agression et le viol de sa femme, comment il le vit, ses sentiments de culpabilité, de vengeance, de connaissance et le respect qu’il éprouve auprès de son épouse. Interviennent les points de vue des voisins qui ont eu connaissance de l’agression et leurs manières très personnelles d’y répondre donnant l’état d’esprit de la société iranienne. C’est très bien ficelé et on ne s’ennuie pas une seule minute. La réalisation correspond au style du cinéaste : caméra à l’épaule, collée au personnages.  Le non-dit permanant laisse la part belle aux expressions faciales et c’est tous le talent des acteurs qui s’exprime avec force et conviction. Très vite, les pistes se multiplient et nous laissent face à un torrent d’interrogations perturbant auxquels se superposent progressivement les thèmes incontournables de la filmographie du cinéaste : la vengeance, la trahison et le pardon.

Pour conclure, « Le Client » est une oeuvre intelligente, saisissante et singulière sur l’humain. Du très bon et grand cinéma !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 18/20

Bande-annonce :

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