The Guilty

Une femme, victime d’un kidnapping, contacte les urgences de la police. La ligne est coupée brutalement. Pour la retrouver, le policier (Jakob Cedergen) qui a reçu l’appel ne peut compter que sur son intuition, son imagination et son téléphone.

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C’est la rentrée et j’ai donc décidé d’un film qui est sorti cet été et qui a beaucoup marqué les cinéphiles !

L’année 2018 a été sous le signe des huit-clos ! Prix de la critique au dernier Festival International du film Policer de Beaune, ce film « The Guilty » a un concept très particulier : sauver une jeune femme kidnappée sans bouger de sa chaise. On sait que le huit-clos est un style de cinéma assez difficile habituellement. Garder l’attention du spectateur dans un seul lieu est un exercice compliqué, qui demande parfois de l’imagination. De plus, il adopte  le parti pris d’un dispositif économique et bigrement éprouvant : toute l’action et autres explications se passent hors champ. On se retrouve suspendu au visage du héros lui même suspendu « au bout du fil ». Certes, le film dévoilera petit à petit le fond de cette affaire, mais le spectateur assiste avec délectation à l’énergie que le héros déploie pour ne pas vaciller dans l’émotion et le passage à l’acte, en gérant par téléphone ce fait d’enlèvement improbable et terrible. La tension est perceptible en permanence en gardant uniquement la focale de la caméra sur le siège téléphonique où le policier exerce sa mission. Souvent, l’image s’attarde sur le visage où l’on perçoit la sueur perler, ou encore les yeux qui racontent les torrents d’émotion qui traversent le cerveau de l’homme.

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Cet acteur danois, Jakon Cedergen est assez sensationnel dans son rôle et on sent vraiment qu’il s’est investi corps et âme dans la peau de ce flic, muté dont on apprendra à la fin du film les vraies raisons. Il réalise ici une remarquable performance, donnant à son personnage une dimension profondément humaine, depuis l’amertume initiale jusqu’à l’empathie totale avec la « victime » qui caractérise la dernière demi-heure.

On retient de plus en plus notre souffle devant les différentes révélations et les petits twists du film, jusqu’à nous rendre compte au générique que nous avions presque arrêté de respirer. Je vous promets que dans ma salle de cinéma, je n’ai pas entendu une mouche voler pendant tout le film ni pendant le générique de fin ! La force du film résulte d’un savant travail sur les sons et les lumières. Les protagonistes sont rares, mais il suffit d’un regard porté vers le poste de travail pour l’on comprenne toute la tension narrative qui se joue. L’intensité se cristallise dans la restitution des sons qui entourent l’environnement de la victime et de son agresseur au milieu de nulle part.

Pour conclure, « The Guilty » est un huit clos renversant, haletant, servi par un scénario remarquable et une mise en scène brillante. Ce film marquera le cinéma danois !

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 17/20

Bande-annonce :

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