Mon Roi

Tony (Emmanuelle Bercot) est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio (Vincent Cassel). Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme qu’elle a adoré? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer…

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Chaque film de Maïwenn est un événement pour tous les cinéphiles. Parce qu’on sait que ça va être un grand film. A chaque fois, elle fait des films tous différents les uns que les autres.

On a vu les critiques reprocher à Maïwenn de sombrer sans cesse dans une forme d’excès, d’hystérie, en pointant du doigt qu’on gueule beaucoup dans son cinéma. C’est pas faux, mais c’est pas vrai non plus. Avec son quatrième film, la cinéaste ne se contente pas simplement raconter une histoire d’amour à l’eau de rose. Non, elle parle bien de violence psychologique, de manipulation et d’emprise, mais elle évoque également les rapports de domination, de l’irrationalité de l’amour et des extrémités auxquelles la passion peut conduire. C’est la manière Maïwenn : tout y est intense, la légèreté comme le drame, frôlant à certains moments l’hystérie. Le film se concentre sur cette passion dévastatrice, bonheur et souffrance mêlés, et si le thème n’est pas neuf, le style transcende son sujet jusqu’à en gommer ses quelques défauts…

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Emmanuelle Bercot incarne avec brio ce personnage névrosé, souvent pleurnicharde, mais tellement touchante, tant l’emprise de Giorgio sur elle est puissante. Elle fait preuve d’une justesse irréprochable ! Son prix d’interprétation féminine à Cannes est mérité ! Vincent Cassel était le choix parfait pour incarner ce Georgio, un homme aux deux visages, celui dont on ne peut pas ne pas tomber folle amoureuse, et celui qu’on peut détester en moins de dix secondes dès que les choses commenceront à se gâterDe son côté, Louis Garrel est vraiment excellent dans le rôle du frère attentionné, bienveillant et il est d’une drôlerie folle ! Le voir dans ce registre est une révélation. Isid Le Besco a un rôle qui est très en retrait par rapport à ses partenaires.

L’opposition entre ces deux visions de la vie de couple donne à celle-ci une étonnante vigueur entrecoupée de crises successives où les acteurs donnent toute la force nécessaire à ces changements de ton. L’incompatibilité entre ces deux visions donnent des moments d’une grande intensité cinématographique. Chacun des spectateurs peut y retrouver sa propre vie, ses questionnements, et « choisir son camp »… Il faut dire que je ne suis pas ressorti indemne de ce film puisque la mise en scène est subtile et en adéquation avec l’écriture. Le mélange entre la passion, l’amour, la haine et la déchirure est tellement bien écrit et retranscrit, qu’on ne peut être que émerveillé et touché par cette histoire.

Pour conclure, « Mon Roi » est une très grande oeuvre d’écriture, d’interprétation et d’émotions, signé avec ce même sens aiguisé du réalisme de la jeune réalisatrice.

Et vous, l’avez-vous vu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Ma note : 17/20

Bande-annonce :

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