Un beau dimanche

Baptiste (Pierre Rochefort) est un solitaire. Instituteur dans le sud de la France, il ne reste jamais plus d’un trimestre dans le même poste. A la veille d’un week-end, il hérite malgré lui de Mathias, un de ses élèves, oublié à la sortie de l’école par un père négligent. Mathias emmène Baptiste jusqu’à sa mère, Sandra (Louise Bourgoin). C’est une belle femme, qui après pas mal d’aventures, travaille sur une plage près de Montpellier. En une journée un charme opère entre eux trois, comme l’ébauche d’une famille pour ceux qui n’en ont pas. Ça ne dure pas. Sandra doit de l’argent, on la menace, elle doit se résoudre à un nouveau départ, une nouvelle fuite. Pour aider Sandra, Baptiste va devoir revenir aux origines de sa vie, à ce qu’il y a en lui de plus douloureux, de plus secret.

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Pour son septième long-métrage, la réalisatrice Nicole Garcia explore à nouveau son terrain de prédilection : les liens familiaux. Il peut d’ailleurs apparaître comme une espèce de cross-over de ses deux premiers films, « Un week-end sur deux » et « Le fils préféré ». L’action de sa nouvelle intrigue se situe dans le Sud qu’elle affectionne. La réalisatrice oscille entre le film obscur et sombre où se trament des destinées ombrageuses, emplies de souffrances et de non-dits et un film éclatant à l’image d’un bord de mer en été où apparaissent parfois quelques rayons de soleil qui aveuglent de plein fouet.

C’est un film qui m’a beaucoup charmé, notamment par son histoire et de la rencontre entre ces deux protagonistes. Afin d’imprégner le spectateur de la routine peu flatteuse qui guette les deux protagonistes, Nicole Garcia prend son temps et nous propose une mise en place un peu longue où la France d’en bas, celle d’une très grande majorité d’entre nous, est quelquefois un peu trop conforme à l’idée que l’on se fait d’elle. Puis le film tente le changement de braquet et ose l’affrontement social radical, on peut même parler de lutte des classes tant l’écart est grand. Habilement, on est entraînés progressivement vers cette bâtisse loin de tout, comme coupée du monde et de ses réalités. La mise en scène n’est alors pas au niveau de l’ambition du film, même si par bribes on trouve des personnages attachants dans les deux clans.

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Pierre Rochefort est la grande révélation de du film, tant est sensible son interprétation de Baptiste, personnage secret et mutique, abîmé et bienveillant. Louise Bourgoin confirme que c’est une bonne actrice, très loin de ses rôles comiques. Mais le reste du casting est irréprochable – c’est depuis toujours la grande force de Nicole Garcia. Mention spéciale à Dominique Sanda (que je n’avais pas revue depuis « Les Rivières pourpres »), ici dans le rôle de la mère, dure, fermée, inflexible. La scène de son affrontement avec Baptiste est un sommet d’émotion. Et de justesse.

Le film est peu bavard, surtout du côté du jeune homme, mais il n’a pas de mal à intéresser le spectateur et ce en dépit d’une intrique pas vraiment entraînante, mais dont la charge émotionnelle réelle happe et pousse à suivre ces deux êtres si mystérieux. Le film ne fait d’ailleurs jamais totalement la lumière sur le passé des deux protagonistes, même s’il en donne une idée générale, et le spectateur doit donc se faire sa propre opinion des raisons de ces errances et de la fuite, surtout pour Baptiste, devant leurs familles.

Pour conclure, « Un beau dimanche » est un beau drame, servi par de bons acteurs. Un bon moment de cinéma !

Et vous, qu’avez-vous pensé ?

7,5/10

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