La tourneuse de pages

Fille de bouchers dans une petite ville de province, Mélanie (Déborah François), âgée d’une dizaine d’années, semble avoir un don particulier pour le piano. Elle tente le concours d’entrée au conservatoire mais échoue, fortement perturbée par l’attitude désinvolte de la présidente du jury, une pianiste reconnue. Profondément déçue, Mélanie abandonne le piano. Une dizaine d’années plus tard, Mélanie entre comme stagiaire dans un grand cabinet d’avocats dont le PDG, M.Fouchécourt (Pascal Greggory), se trouve être le mari de cette femme qui a certainement changé le cours de sa vie. Très vite, Mélanie se fait remarquer pour son sens de l’organisation et son dévouement par M.Fouchécourt qui la recrute à son domicile pour veiller sur son fils. La rencontre avec Mme Fouchécourt (Catherine Frot), toujours pianiste, se passe merveilleusement bien puisque Mélanie se montre très sensible à la musique et devient sa tourneuse de pages…

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En lisant le synopsis du film, j’étais assez perplexe mais après 1h27 de film, j’ai été agréablement surpris puisque je le compare à une partition musicale puisque le film déroule un scénario tout en retenue, en lenteur et en violence contenue. A chaque moment, le spectateur s’attend à ce que l’orage éclate, à ce que la rancune explose, à ce que le mouvement musical s’emporte et dévaste tout sur son passage avant de retomber dans un dernier souffle, une dernière expiration, laissant Ariane détruite, meurtrie à jamais.

« La tourneuse de pages » offre de multiples visages sous l’apparence de son intrigue. Sur le thème de la vengeance, le réalisateur Denis Dercourt compose un scénario d’une rigueur dans un environnement qu’il connaît parfaitement bien, celui des musiciens… Il laisse le spectateur suivre l’évolution des personnages dans une ambiance étouffante. Cette ambiance est servie par des visages fermés et un rythme lent mais dérangeant. Mais ce que je trouve remarquable est qu’il réussit à basculer doucement son film du mélodrame vers un thriller. Oui, il instaure un suspense qui met mal à l’aise, car il est mis en place par des silences intenses, des phrases percutantes et des scènes inquiétantes (la scène de la piscine avec Tristan).

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Le jeu de Déborah François est très intéressant puisqu’elle ne laisse rien paraître, elle inspire une véritable fascination à travers son regard d’une rare intensité et un côté assez mystérieux. J’ai eu du mal à voir où elle veut en venir car les pistes sont nombreuses. Va-t-elle passer à l’acte ?  Se pourrait-il qu’elle tienne pour seule et unique responsable cette pianiste en quête de reconnaissance ? Catherine Frot montre une nouvelle fois l’étendue de son talent.

La tension est palpable et l’intérêt va crescendo. On découvre comment la vengeance est un plat qui se mange froid. Dans tous les cas, il est impossible de découvrir la chute de son histoire.

Pour conclure, « La tourneuse de pages » vaut le coup d’oeil pour la qualité de sa mise en scène, le jeu des deux actrices principales et son intrigue imaginée par un réalisateur de talent, Denis Dercourt.

Et vous, qu’avez-vous pensé ?

8/10

Bande-annonce :

2 commentaires

  1. Tout à fait d’accord avec cette critique, Deborah François a un charisme et une aura tout en finesse qui permette de ressentir de l’inquietude quant à l’issu du film. Je l’avais vu à la base car j’aime beaucoup Catherine Frot et je n’ai pas été déçue. Ça me donne envie de le revoir.

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