Trust

Chez eux, en banlieue, Will (Clive Owen) et Lynn Cameron (Catherine Keener) se sentent en sécurité. Dans leur maison, la nuit, ils dorment avec le sentiment que leurs trois beaux enfants sont parfaitement protégés. Lorsque Annie (Liana Liberato), leur fille de 14 ans, se fait un nouvel ami sur Internet – Charlie, un garçon de 16 ans rencontré sur un forum – Will et Lynn ne s’inquiètent pas. Ils se disent qu’il est normal que des adolescents échangent grâce aux nouvelles technologies. Après plusieurs semaines de conversations en ligne, Annie se sent de plus en plus attirée par Charlie. Même si peu à peu, elle réalise qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, elle continue à être fascinée par lui. Le masque finira par tomber et cela va déclencher un engrenage que personne n’aurait pu imaginer, mais qui changera définitivement la vie de toute la famille…

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David Schwimmer est très connu pour son rôle de Ross Geller dans la série « Friends », beaucoup moins pour ses talents de réalisateur. Il s’est déjà illustré sur deux films qui sont passés inaperçus en France et que je n’ai pas vu. Avec « Trust », il prouve que c’est un homme engagé et doué derrière la caméra. Le film aborde un sujet dur qu’on connaît et qui reste toujours délicat à développer dans le monde du cinéma : le viol… Avant de voir ce film, j’avais une crainte car la pédophilie est rarement évidente à montrer sans tomber dans le pathos. Parmi les bons thrillers traitant de ce sujet, on se souvient du glaçant « Hard Candy » où Patrick Wilson était la proie d’Ellen Page.

Ce film questionne notre rapport à l’image, la sexualisation des figures adolescentes (notamment au travers de la publicité), les dangers de la toile. Il dresse un triste constat : l’impuissance de l’éducation face aux dérives sociales. La grande force de ce film est qu’il ne dépeint jamais la jeune fille en crise. Non, cette Annie, est une adolescente normale, c’est la fille d’à côté, la fille d’une amie, la vôtre. Puis, vient le drame d’une gravité monstrueuse va explorer intelligemment divers points de vue, réactions et conséquences. Une mère dévastée, un père qui perd pied et trouve refuge dans la colère, et une fille abîmée… Un trio dans une tourmente moderne. David Schwimmer surprend par sa maîtrise de la réalisation avec son troisième long-métrage. Je ne vous le cache pas, le film est très dur car il s’imprègne des émotions des personnages. Pour cela, il fallait un bon casting.

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Clive Owen est magistral en incarnant un homme désarmé par la situation. La protection qu’il avait posée sur sa famille a sauté : un étranger a réussi à pénétrer son cocon familial et a souillé sa famille. L’acteur livre une de ses plus belles prestations avec un monologue final qui a réussi à me faire verser les larmes. Une vraie performance inattendue. La révélation du film est la jeune Liana Liberato, qui s’est principalement illustré en tenant des petits rôles dans des séries comme « Dr House » et « Les Experts : Miami ». Ici, elle est bouleversante de justesse. Elle avait 14 ans quand elle a tourné ce film et ça lui confère un réalisme dérangeant durant la scène terrible du viol.

En outre de cette scène de viol, c’est surtout la psychologie du personnage d’Annie que je trouve vraiment fascinant. Comment cette jeune fille a-t-elle pu tomber dans ce piège via Internet ? Les événements ne se déroulent pas en cinq minutes et on voit petit à petit comment le pédophile a-t-il réussi à attraper sa proie et surtout la grande première rencontre attendue est montrée. De plus, j’ai beaucoup apprécié le fait que David Schwimmer étudie la psychologie de la jeune Annie mais aussi celle de son père et c’est un portrait fascinant de ce monde caché où seule la traque du pédophile est montrée, rarement les conséquences sur les victimes. Pour couronner le tout, le film s’achève sur une dernière scène dont le plan final marquera les mémoires.

David Schwimmer travaille dès les années 90 avec l’association « The Rape Organization » ce qui le pousse à vouloir faire un film sur les jeunes victimes de viol. Afin que le scénario soit le plus réaliste possible, la pertinence des dialogues a été validée par des agents du FBI et des experts de la question du viol.

Pour conclure, « Trust » est un film poignant et dérangeant à la fois et c’est également important pour son approche réaliste.

Et vous, qu’avez-vous pensé ?

9/10

Bande-annonce :

 

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