Lovely Bones

L’histoire d’une jeune fille assassinée (Saoirse Ronan) qui, depuis l’au-delà, observe sa famille sous le choc de sa disparition et surveille son meurtrier (Stanley Tucci), ainsi que la progression de l’enquête…

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Cinq ans après « King Kong » et des passages dans d’autres films en tant que producteur, Peter Jackson revient derrière la caméra avec une nouvelle adaptation : « La Nostalgie de l’Ange » d’Alice Sebold. Ayant lu le bouquin et gardé un très bon souvenir de ce livre, j’étais très curieux de découvrir cette adaptation cinématographique. Quand j’avais appris que c’est Peter Jackson qui allait réaliser ce film, je lui ai fait confiance et laissez-moi vous dire une chose : Lovely Bones est une sacrée claque…

La première partie du film, où le cinéaste met en place son intrigue et ses personnages, est d’autant plus forte que l’on sait ce qui va arriver à la jeune fille, les dialogues et les relations avec la famille n’en prenant que plus de sens. La seconde partie quand à elle fait place à l’enquête et le cauchemar qu’endurent les parents, et plus généralement la famille. C’est plus pour le second aspect que « Lovely Bones » est un bijou. Car, là où le premier abord le scénario nous laisse croire que l’on suit l’histoire du point de de vue de Susie Salmon, il se trouve finalement que l’on suit du point de vue, si ce n’est de ses parents, du moins d’une de ses connaissances. En effet, on connaît déjà le personnage avant son meurtre, et l’on ne peut s’empêcher d’imaginer ressentir ce qu’endure la famille de la jeune fille. Et c’est tellement bien filmé, très bien mise en scène que l’émotion est très forte que j’ai ressenti de la compassion pour les parents, de la tristesse et je partage leur souffrance.

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J’ai beaucoup aimé ce film car il nous permet de se poser comme questions : « Comment traverse-t-on la perte si brutale d’un être cher ? », « Comment peut-on vivre avec ce manque, mois après mois ? ». Avec ces questions, le réalisateur Peter Jackson y répond à travers les yeux de Susie elle-même. Alors qu’elle se retrouve transportée non pas au paradis mais dans un paysage précédant le paradis et au visuel mélancolique, elle regarde la traque insensée de son père (Mark Wahlberg) pour trouver le coupable, la tristesse de sa mère (Rachel Weisz), l’incompréhension de son frère et de sa soeur et la tentative désespérée de sa grand-mère (Susan Sarandon) pour redonner le moral à la famille. Elle observe également le comportement de son meurtrier, comment il vit son acte, comment les pulsions le dominent, un meurtrier interprété par un immense Stanley Tucci, absolument méconnaissable, terrifiant et sadique (sa performance a été nommée à l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle). Saoirse Ronan est également à applaudir de par sa superbe prestation. Mark Wahlberg est convaincant. Chaque membre de la famille joue son rôle avec habileté et la crédibilité est à son apogée pendant le film et chacun d’entre nous s’identifiera à une personnage.

La mise en scène de Peter Jackson est inspirée, passant du moment de tension à faire trembler au moment intime empli d’émotion en quelques secondes, le tout appuyé par une magnifique bande-originale composée par l’excellent Brian Eno.

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De plus, je trouve que les thématiques de la séparation, de la dissimulation et du mystère sont très présentes. Le mystère concernant ce qu’il est advenu de Susie, sur l’identité du coupable de sa disparition et également sur l’endroit où elle se trouve après sa mort, un entre-deux-mondes inquiétant et apaisant. Un endroit qui est intelligemment lié à notre monde par le parallèle effectué avec les maisons de poupées créées par le tueur. D’un côté George Harvey crée chez lui des maisons de poupées et de l’autre Susie regarde le monde qui se trouve derrière elle comme si elle se trouvait dans l’une de ces maisons, enfermée. Susie suite à sa mort est cachée et tout ce qu’elle était le jour de son assassinat est dissimulé, dans les recoins de la maison d’Harvey comme dans les recoins des maisons qu’il fabrique. Mais Harvey ne fait pas tout disparaître, il conserve une chose sur lui, une petite chose qui appartenait à sa victime : une petite maison qui était accrochée à son bracelet. En prenant Susie, il prend également sa maison et l’état dans lequel se retrouve la famille de Susie suite à sa disparition peut être représenté par le tueur gardant cette petite maison sur lui, ayant ruiné une vie de famille toute entière. Le film conserve donc pendant une majorité du temps un lien entre la victime et son bourreau.

Pour conclure, « Lovely Bones » n’est pas le film le plus spectaculaire de Peter Jackson mais il est clairement l’un des plus touchants et les plus beaux. A voir absolument !

Et vous, qu’avez-vous pensé ?

9/10

Bande-annonce :

2 commentaires

  1. Si tu as aimé Lovely Bones tu dois adorer Heavenly Creatures du Peter Jackson qui est tout à fait dans la même veine poétique. J’ai vu lovely bones le jour de mes 18 ans (meilleur cadeau ever) et c’était aussi une vraie claque! Tout le film est sublime, la scène dans la salle de bain blanche pleine de boue et de sang n’en est alors que plus choquante et marquante.

    Aimé par 2 personnes

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